# Prolégomènes à un dialogue avec les penseurs Grecs

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- Published: 2026-10-17T11:24:11+00:00
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Si la science moderne trouve ses fondements dans la pensée des Grecs de l’Antiquité,
est-elle parvenue pour autant à résoudre la question du réel en tant que _ce qui
est_, telle qu’énoncée à l’aube de la philosophie ? En guise de début de réponse,
Heidegger avance ceci qui sera longuement déployé dans cette conférence « Science
et méditation » prononcée à Munich en 1953 : la science n’est pas la même chose 
que l’essence de la science. Cette idée implique qu’il n’est pas permis d’espérer
approcher ce qui régit toute science tant que l’on s’attache à représenter la science
et à la pratiquer. Il faut donc parvenir à questionner ce qui fait l’essence de 
la science moderne à partir d’un dialogue avec les penseurs grecs, lequel dialogue
n’a toujours pas eu lieu !

Heidegger met ici en balance deux termes — « science » et « méditation » —, et ce
faisant, nous pourrions dire qu’il élabore l’élaboration, qui, si elle en passe 
par la science moderne dans sa limitation, trouve à se réaliser dans ce que Heidegger
nomme « méditation ». Cherchant à montrer la situation d’où provient l’essence de
la science, il initie à un voyage vers « ce qui mérite qu’on interroge » en vue 
d’une méditation élaborante du réel toujours en devenir. Aussi éclairant que soit
ce frayage entamé par Heidegger, il n’empêche que le chemin est parsemé de creux;
des articulations semblent absentes, voire même oubliées ; à moins qu’elles ne soient
le fait de sauts par lesquels la pensée parvient à se frayer une voie à rebours 
des idées reçues. En partant de ce texte, je propose d’essayer de souligner ce que
Heidegger n’aura pas dit. Il conviendrait ensuite de le faire dialoguer avec les
penseurs de la psychanalyse ; je pense au penser psychanalytique de Lacan et de 
Christian. J’espère y parvenir une autre fois.

Heidegger part d’une idée qui peut surprendre : ce qui s’est dit poétiquement à 
l’aube de l’antiquité grecque, est encore présent aujourd’hui, « si présent que 
son être, à soi-même encore fermé, est prêt de tous côtés à nous accueillir et qu’il
vient sur nous, là surtout où nous nous y attendons le moins, à savoir dans le règne
de la technique moderne, laquelle est complètement étrangère à l’antiquité, mais
a néanmoins en elle son origine essentielle ». […]
