# Tension entre la position de la psychose et le sujet comme effet du signifiant

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- Published: 2026-10-17T11:24:11+00:00
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L’expérience des présentations cliniques du Cardo a ceci de remarquable qu’elle 
confronte le patient, le psychanalyste et l’ensemble de l’assistance à la dimension
du signifiant en ce qu’il a de surprenant et dynamique. Et en effet, le signifiant,
tel que mis en lumière par Lacan, occupe une place tout à fait centrale. À ce titre,
la façon d’entendre le signifiant conditionne toute la pratique de la psychanalyse;
ce qui implique fondamentalement de recevoir le signifiant indépendamment des considérations
liées au diagnostic différentiel. Si la question de la psychose est interrogée lors
des rencontres du Cardo, il s’agit ici de se demander en quoi la psychose éclaire
ce qu’il en est du signifiant. Je tiens à préciser que mon propos s’appuie sur le
séminaire de lecture que je mène par ailleurs. Il sera donc question de _Logique
de l’inconscient – Lacan ou la raison d’une clinique_ de Christian Fierens, et plus
exactement le sous-chapitre intitulé « La différence diachronique propre au signifiant».

### 1. Le processus signifiant mis en lumière par la position de la psychose

Par « la différence diachronique », il faut entendre le processus symbolique de 
la fonction du signifiant au sens lacanien du terme. Nous verrons plus loin comment
la fameuse hallucination verbale « truie » citée par Lacan dans son texte « D’une
question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » (1958) permet 
de repérer la façon avec laquelle le processus signifiant — en tant qu’il implique
la différence diachronique — se rencontre dans la clinique psychanalytique. Il peut
paraître subversif de présenter la fonction signifiante à travers la question de
la psychose. La plupart du temps, la psychose est bien vite ramenée à la citation
de Lacan selon laquelle ce qui du symbolique est rejeté fait retour dans ce que 
l’on nomme le « réel », témoignant ainsi de la forclusion du signifiant du Nom-du-
Père qui empêche l’entrée dans l’identification projective. Faute de l’inscription
de ce signifiant, le psychotique n’aurait pas de désir. Comme symbolique et réel
sont amalgamés ou holophrasés, toute manifestation de désir s’apparenterait à une
irruption débordante, une jouissance à limiter, à contenir au moyen notamment d’identifications
imaginaires à soutenir. L’idée a priori étant que faute d’avoir un accès au symbolique,
le psychotique ne pourrait pas assumer le désir qui le confronterait à un anéantissement
de lui-même, une négation mortifère à prévenir. Il faut bien préciser que cette 
lecture repose en fin de compte sur une conception linguistique du signifiant qui
consiste à dire que dans la psychose, il n’y a pas de différence entre le signifié
et le signifiant. J’ajoute qu’un tel abord de la psychose coupe d’emblée court à
la dynamique de la cure analytique puisqu’il invite à soutenir les identifications
imaginaires, quand il s’agit au contraire d’accentuer le processus symbolique d’effacement
de l’imaginaire propre à la fonction signifiante.

Sur ce point, il faut faire remarquer que dans le _Séminaire Livre III Les Psychoses_,
Lacan s’attache essentiellement à montrer que les psychoses ne peuvent s’entendre
que par le signifiant, c’est-à-dire à considérer la différence inhérente au signifiant
lui-même à partir de sa répétition. Lacan met ainsi sur la voie de ce que deviendra
le signifiant dans le _Séminaire L’Identification_. Autrement dit, dans ce séminaire
tenu en 1955-1956, il n’est pas tant question de la psychose, que du signifiant 
pris dans le mouvement d’énonciation tel que le met en lumière la position de la
psychose. Que montre la position de la psychose quant au processus de la fonction
signifiante ? C’est précisément ce que j’entends discuter avec vous. […]
