# Trois ou quatre types de thèse

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- Published: 2026-10-17T11:24:11+00:00
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Ce titre fait directement écho à une phrase énoncée lors de la leçon du 15 mai dernier.
Aux deux tiers, Christian Fierens dit ceci qui retient l’attention : « Je voudrais
poser trois ou quatre types de question sur cette partie ». D’une part, il est assez
inhabituel de rencontrer des questions aussi ouvertement formulées dans le fil du
séminaire, et d’autre part, et à bien y réfléchir, ces trois ou quatre types de 
question constituent à proprement parler des thèses que j’entends discuter avec 
vous tous aujourd’hui pour prendre la mesure de leur nouveauté quant à la question
de l’acte psychanalytique.

Trois ou quatre ? Difficile à dire. Ce qui est sûr : ni trois, ni quatre. Bien plus
encore, et en même temps, une seule, celle de la jouissance comme principe dont 
découle l’objet _a_ dans sa forme vocale de rien absolu, dont découle l’acte psychanalytique.
Pourquoi des « types de question », et non pas directement de « questions » ? Difficile
à dire. Ce qui est sûr : étymologiquement, le mot « type » est à rapprocher de mots
indo-européens exprimant un mouvement, un choc (_Tupos_ est dérivé de _Tuptein_ «
frapper »). Donc même là où l’on s’y attend le moins, c’est le mouvement qui s’impose
dans le cheminement de penser de Christian Fierens. Et à n’en pas douter, ces « 
trois ou quatre types de question » font l’effet d’une secousse qui s’inscrit dans
le mouvement « autre-commençant » de la psychanalyse auquel nous sommes conviés.

Sur quelle partie portent-ils exactement ?

### La première

La première contient à elle-seule plusieurs questions. Toutes ont en commun de mettre
le doigt sur les conditions de possibilité nécessaires à ce que l’acte psychanalytique
puisse opérer. À la manière de Kant, il s’agit ici d’expérimenter topologiquement
les différentes options que permet le tétraèdre en montrant ce qui marche et ce 
qui ne marche pas, et ce, jusqu’à approcher la dimension évidée de l’acte psychanalytique.
Ainsi, Christian Fierens interroge : le processus analytique implique-t-il forcément
de tenir compte à la fois de l’aliénation et de la vérité ? Est-il envisageable 
que l’acte analytique puisse opérer à partir seulement d’une seule position ? Peut-
on considérer que les positions d’aliénation et de vérité demeurent indépendantes
l’une de l’autre ? Mais aussi : peut-on envisager qu’une analyse parte de la position
de vérité (à la manière d’une cure d’obsessionnel) pour aller vers la position d’aliénation?
Comment situer le transfert dans ce processus en mouvement ? Je note que ces questions
surprennent par leur simplicité et qu’elles ne se contentent pas de tenir compte
de ce qu’amène Lacan dans sa leçon du 20 mars 1968. Cette série de questions parvient
à une certaine réduction : d’un côté, elles écartent ce qui ne permet pas d’aboutir
à l’acte psychanalytique, d’un autre côté, elles resserrent la dimension de l’acte
sur ce qui agit fondamentalement. […]
