Trois ou quatre types de thèse

S'engager dans l'acte psychanalytique

Auteur

Freddy Guilloteau

Lieu & Date

Lyon, les 11 et 12 octobre 2025

Axe Topologique

change_history Tétraèdre de l'Acte & Objet a vocal

OUVERTURE DU TEXTE — PREMIÈRE PAGE Lyon, les 11 et 12 octobre 2025

Ce titre fait directement écho à une phrase énoncée lors de la leçon du 15 mai dernier. Aux deux tiers, Christian Fierens dit ceci qui retient l’attention : « Je voudrais poser trois ou quatre types de question sur cette partie ». D’une part, il est assez inhabituel de rencontrer des questions aussi ouvertement formulées dans le fil du séminaire, et d’autre part, et à bien y réfléchir, ces trois ou quatre types de question constituent à proprement parler des thèses que j’entends discuter avec vous tous aujourd’hui pour prendre la mesure de leur nouveauté quant à la question de l’acte psychanalytique.

Trois ou quatre ? Difficile à dire. Ce qui est sûr : ni trois, ni quatre. Bien plus encore, et en même temps, une seule, celle de la jouissance comme principe dont découle l’objet a dans sa forme vocale de rien absolu, dont découle l’acte psychanalytique. Pourquoi des « types de question », et non pas directement de « questions » ? Difficile à dire. Ce qui est sûr : étymologiquement, le mot « type » est à rapprocher de mots indo-européens exprimant un mouvement, un choc (Tupos est dérivé de Tuptein « frapper »). Donc même là où l’on s’y attend le moins, c’est le mouvement qui s’impose dans le cheminement de penser de Christian Fierens. Et à n’en pas douter, ces « trois ou quatre types de question » font l’effet d’une secousse qui s’inscrit dans le mouvement « autre-commençant » de la psychanalyse auquel nous sommes conviés.

Sur quelle partie portent-ils exactement ?

La première

La première contient à elle-seule plusieurs questions. Toutes ont en commun de mettre le doigt sur les conditions de possibilité nécessaires à ce que l’acte psychanalytique puisse opérer. À la manière de Kant, il s’agit ici d’expérimenter topologiquement les différentes options que permet le tétraèdre en montrant ce qui marche et ce qui ne marche pas, et ce, jusqu’à approcher la dimension évidée de l’acte psychanalytique. Ainsi, Christian Fierens interroge : le processus analytique implique-t-il forcément de tenir compte à la fois de l’aliénation et de la vérité ? Est-il envisageable que l’acte analytique puisse opérer à partir seulement d’une seule position ? Peut-on considérer que les positions d’aliénation et de vérité demeurent indépendantes l’une de l’autre ? Mais aussi : peut-on envisager qu’une analyse parte de la position de vérité (à la manière d’une cure d’obsessionnel) pour aller vers la position d’aliénation ? Comment situer le transfert dans ce processus en mouvement ? Je note que ces questions surprennent par leur simplicité et qu’elles ne se contentent pas de tenir compte de ce qu’amène Lacan dans sa leçon du 20 mars 1968. Cette série de questions parvient à une certaine réduction : d’un côté, elles écartent ce qui ne permet pas d’aboutir à l’acte psychanalytique, d’un autre côté, elles resserrent la dimension de l’acte sur ce qui agit fondamentalement. […]

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